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À propos

L'accent d'une personne désigne un ensemble particulier de traits de prononciation, comme l'articulation des voyelles et des consonnes ou la mélodie et le rythme de la parole. Comme l'a si bien dit Lippi-Green, l'accent d'une personne la désigne comme « quelqu'un venu d'ailleurs » (p. 45, traduction libre). Que l'on parle sa langue maternelle ou une langue apprise plus tard dans la vie, tout le monde parle avec un accent. Au quotidien, lorsque nous côtoyons notre famille, nos amis, nos collègues ou des inconnus au travail et dans les lieux publics, nous sommes entourés d'une riche mosaïque d'accents. Pourtant, dans bien des situations, y compris au travail, les personnes qui parlent avec un accent, en particulier un accent régional ou un accent de langue seconde, sont souvent perçues comme moins crédibles, moins compétentes ou moins intelligentes que celles qui ont un accent dit « standard ». En tant que communauté vouée à la recherche et à l'enseignement des langues, nous souhaitons documenter et valoriser la diversité des accents. Nous cherchons aussi à comprendre d'où viennent les préjugés liés à l'accent et à trouver des moyens de les atténuer.

Le saviez-vous?

 

Plus d'une personne sur trois au Canada (36 %) a vécu une forme de discrimination ou de traitement injuste au cours des cinq dernières années (Statistique Canada, 2024), et le quart (25 %) de la population canadienne affirme subir de la discrimination de façon régulière ou occasionnelle (Fondation canadienne des relations raciales, 2024).

 

Le milieu de travail est le contexte où la discrimination est le plus souvent signalée (Statistique Canada, 2024).


Les personnes qui vivent de la discrimination déclarent aussi une moins bonne qualité de vie (Statistique Canada, 2024).

 

Les personnes qui parlent avec un accent dit « non standard » font souvent l'objet de préjugés systématiques dans les décisions d'embauche (Spence et al., 2024).


Les stéréotypes négatifs associés aux accents dits « non standard » peuvent amener les personnes qui font passer des entrevues à évaluer injustement les candidats qui ont un accent (Maindidze et al., 2025).

 

Les personnes dont l'accent est considéré comme « non standard » sont souvent jugées moins compétentes ou moins intelligentes, même lorsque leur expertise est égale ou supérieure à celle de leurs pairs (Spence et al., 2024).


Les employeurs peuvent présumer qu'une personne qui parle une langue seconde avec un accent communique moins bien, même si elle maîtrise parfaitement la langue (Huang et al., 2013).

 

Les personnes qui ont un accent doivent souvent « faire leurs preuves » davantage au travail pour obtenir la même confiance et la même reconnaissance que leurs collègues (Geiger et al., 2022; Jiang et al., 2018).


Bon nombre de personnes en recherche d'emploi et de professionnels estiment devoir modifier leur façon de parler pour éviter la discrimination (Ramjattan, 2024).

Notre équipe

Nous sommes une équipe canadienne de spécialistes de la recherche et de l'enseignement des langues qui s'intéressent de près aux accents. Nous représentons un large éventail de langues, d'expériences et de compétences, mais nous partageons un même objectif : valoriser la diversité des accents et réduire les préjugés et la discrimination liés à l'accent dans la société. [découvrir l'équipe]

 

Nos travaux

Tout le monde s’accorde pour dire que la recherche d’emploi n’est jamais simple. Cette expérience peut s’avérer d’autant plus difficile pour les personnes immigrantes qui ont un accent. Un accent peut souvent avoir une incidence sur la façon dont les autres nous perçoivent et nous jugent. 

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Tout le monde s’accorde pour dire que la recherche d’emploi n’est jamais simple. Cette expérience peut s’avérer d’autant plus difficile pour les personnes immigrantes qui ont un accent. Un accent peut souvent avoir une incidence sur la façon dont les autres nous perçoivent et nous jugent. 

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Dans les grandes métropoles, les citoyens sont depuis longtemps exposés à différentes cultures et langues. Au quotidien, ils y côtoient des gens de plusieurs origines. Ce contexte multiculturel change également le visage du monde du travail. Les candidats ayant des accents étrangers arrivent-ils à se frayer un chemin vers les emplois au même titre que les personnes francophones ou anglophones? [plus de détails]

Le Canada est l'une des principales destinations d'immigration au monde et accueille plus de 400 000 personnes chaque année. Avec cet afflux important, les professionnels des ressources humaines voient plus que jamais des candidats nés à l'étranger parmi les postulants. Même lorsqu'ils possèdent la formation, les qualifications et l'expérience variée requises, ces candidats sont souvent jugés moins intéressants sur le marché du travail simplement parce qu'ils parlent avec un accent. [plus de détails]

Nos projets

Notre collectif de recherche réunit six chercheuses et chercheurs en linguistique appliquée et 12 membres de la communauté de Montréal et de Burnaby. Ensemble, nous avons observé, réfléchi et agi à partir de nos expériences des préjugés liés à l'accent dans divers contextes de communication, comme l'éducation, le travail et la vie communautaire. Nous avons créé plusieurs mini-projets, tous dans le but de sensibiliser la population aux préjugés liés à l'accent et à la langue. [plus de détails]

Nous avons recruté 80 étudiantes et étudiants qui se destinent à une carrière en ressources humaines à Calgary et à Montréal. Ils ont écouté des enregistrements audio d'entrevues réalisées par des personnes dont l'anglais était la langue première ou la langue seconde, puis ont évalué leur employabilité. Nos résultats laissent croire que les étudiants en RH sont peut-être conscients des désavantages que peuvent subir au travail les personnes qui parlent une langue seconde, et qu'ils en tiennent compte en leur accordant de meilleures notes d'employabilité. [plus de détails]

Nous avons organisé une séance d'échange qui a réuni six personnes récemment arrivées au Canada et deux spécialistes des RH en poste afin de discuter des préjugés liés à l'accent. Les participants ont remis en question certains mythes sur l'accent, raconté leurs propres expériences de préjugés et appris comment les spécialistes des RH abordent la question dans leur pratique. [plus de détails]

Nous avons interviewé 16 spécialistes des RH, ainsi que six enseignants et 14 étudiants de premier cycle inscrits dans des programmes de RH à Montréal et à Calgary, afin de mieux comprendre ce qu'ils savent des accents et des préjugés qui y sont liés. Nos résultats montrent que, même sans formation explicite sur le sujet, ces spécialistes et ces étudiants font preuve d'une compréhension nuancée des accents et des préjugés liés à l'accent, qu'ils ont souvent vécus de près. [plus de détails]

Petit glossaire

Un accent est un ensemble particulier de traits de prononciation associés à une région géographique ou à des langues apprises auparavant. Tout le monde parle avec un accent, même dans sa langue première.

Un dialecte comprend tous les aspects de la parole associés à une région donnée. La prononciation n'en est qu'un aspect (c'est-à-dire l'accent régional); un dialecte comporte aussi un vocabulaire et une grammaire qui lui sont propres. Un dialecte peut être écrit ou parlé.

Les expressions « accent étranger » et « accent non natif » laissent entendre que l'accent de la personne est fautif ou « imparfait », et qu'elle devrait viser la norme des locuteurs natifs. L'expression « accent de langue seconde » est plus inclusive : elle évite de présenter les personnes comme étrangères ou déficientes.

L'accent d'une personne peut nous indiquer d'où elle vient, où elle a grandi ou où elle a vécu. Dans bien des régions du monde, l'accent renseigne aussi sur la classe sociale, avec des différences marquées entre les accents plus ou moins « huppés ». En revanche, l'accent ne dit rien de bien d'autres choses, notamment des capacités, de l'intelligence ou du caractère d'une personne.

Il n'existe pas de « meilleur » accent. Toutefois, dans certains milieux, les personnes qui ont certains accents, y compris des accents de langue seconde, jouissent de plus de privilèges. Par exemple, en Amérique du Nord, les personnes qui parlent anglais comme langue seconde avec un accent laissant deviner qu'elles viennent de France ou d'Allemagne peuvent bénéficier de plus de privilèges que celles dont l'accent indique qu'elles viennent de l'Inde. Cela tient à des jugements sociaux propres aux personnes et aux contextes, et n'a rien à voir avec l'accent lui-même.

Aucun accent n'est en soi plus difficile à comprendre : tout dépend de la personne qui écoute. Certains accents nous semblent parfois plus difficiles à comprendre parce qu'ils s'éloignent davantage de la prononciation à laquelle nous nous attendons pour un mot ou une langue. Ainsi, plus un accent nous est familier, plus il est facile à comprendre, car notre cerveau apprend très vite à quoi s'attendre.

La plupart des gens parlent une langue seconde avec un accent, et les programmes de réduction d'accent sont généralement inefficaces pour atténuer un accent de langue seconde.

Parler avec un accent relativement prononcé ne rend pas forcément une personne moins facile à comprendre. La compréhension peut toutefois diminuer lorsque la personne fait beaucoup d'hésitations ou d'interruptions, ou lorsqu'elle accentue la mauvaise syllabe d'un mot. Les erreurs de grammaire et de vocabulaire peuvent aussi nuire à la compréhension. Il est donc recommandé de se concentrer sur ces aspects plutôt que d'essayer de se débarrasser de son accent.

En général, les accents de langue seconde deviennent plus faciles à comprendre avec la pratique, notamment en passant du temps à écouter une variété de personnes et à échanger avec elles.

En général, l'accent d'une personne n'est pas lié à son niveau de maîtrise de sa langue seconde. On peut très bien maîtriser une langue seconde et la parler tout de même avec un accent prononcé.

Nous encourageons les employeurs à tenir compte des situations concrètes dans lesquelles la personne devra travailler et, au besoin, à évaluer sa capacité à accomplir les tâches pertinentes. Un test de langue général fournit relativement peu d'information sur la façon dont une personne s'acquittera de son travail.

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