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Termes clés

Un accent est un ensemble particulier de traits de prononciation associés à une région géographique ou à des langues apprises auparavant. Tout le monde parle avec un accent, même dans sa langue première.

La compréhensibilité désigne la perception qu'a la personne qui écoute de la facilité ou de la difficulté à comprendre ce qu'une autre personne a dit.

La fluidité décrit le débit de la parole. Une parole fluide comporte moins de pauses remplies, comme les « euh » et les « hum », et moins de pauses silencieuses. Dans la vie courante, beaucoup de gens disent qu'une personne parle « couramment » une langue pour parler en fait de sa maîtrise de cette langue.

La maîtrise de la langue désigne la capacité à utiliser et à comprendre une langue de façon juste et appropriée (écoute, expression orale, lecture et écriture). Dans la vie courante, beaucoup de gens parlent de « fluidité » ou disent qu'une personne parle « couramment » pour désigner sa maîtrise de la langue.

Accent

Un accent est un ensemble particulier de traits de prononciation associés à une région géographique ou à des langues apprises auparavant. Tout le monde parle avec un accent, même dans sa langue première.

Un dialecte comprend tous les aspects de la parole associés à une région donnée. La prononciation n'en est qu'un aspect (c'est-à-dire l'accent régional); un dialecte comporte aussi un vocabulaire et une grammaire qui lui sont propres. Un dialecte peut être écrit ou parlé.

Les expressions « accent étranger » et « accent non natif » laissent entendre que l'accent de la personne est fautif ou « imparfait », et qu'elle devrait viser la norme des locuteurs natifs. L'expression « accent de langue seconde » est plus inclusive : elle évite de présenter les personnes comme étrangères ou déficientes.

L'accent d'une personne peut nous indiquer d'où elle vient, où elle a grandi ou où elle a vécu. Dans bien des régions du monde, l'accent renseigne aussi sur la classe sociale, avec des différences marquées entre les accents plus ou moins « huppés ». En revanche, l'accent ne dit rien de bien d'autres choses, notamment des capacités, de l'intelligence ou du caractère d'une personne.

Il n'existe pas de « meilleur » accent. Toutefois, dans certains milieux, les personnes qui ont certains accents, y compris des accents de langue seconde, jouissent de plus de privilèges. Par exemple, en Amérique du Nord, les personnes qui parlent anglais comme langue seconde avec un accent laissant deviner qu'elles viennent de France ou d'Allemagne peuvent bénéficier de plus de privilèges que celles dont l'accent indique qu'elles viennent de l'Inde. Cela tient à des jugements sociaux propres aux personnes et aux contextes, et n'a rien à voir avec l'accent lui-même.

Aucun accent n'est en soi plus difficile à comprendre : tout dépend de la personne qui écoute. Certains accents nous semblent parfois plus difficiles à comprendre parce qu'ils s'éloignent davantage de la prononciation à laquelle nous nous attendons pour un mot ou une langue. Ainsi, plus un accent nous est familier, plus il est facile à comprendre, car notre cerveau apprend très vite à quoi s'attendre.

La plupart des gens parlent une langue seconde avec un accent, et les programmes de réduction d'accent sont généralement inefficaces pour atténuer un accent de langue seconde.

Parler avec un accent relativement prononcé ne rend pas forcément une personne moins facile à comprendre. La compréhension peut toutefois diminuer lorsque la personne fait beaucoup d'hésitations ou d'interruptions, ou lorsqu'elle accentue la mauvaise syllabe d'un mot. Les erreurs de grammaire et de vocabulaire peuvent aussi nuire à la compréhension. Il est donc recommandé de se concentrer sur ces aspects plutôt que d'essayer de se débarrasser de son accent.

En général, les accents de langue seconde deviennent plus faciles à comprendre avec la pratique, notamment en passant du temps à écouter une variété de personnes et à échanger avec elles.

En général, l'accent d'une personne n'est pas lié à son niveau de maîtrise de sa langue seconde. On peut très bien maîtriser une langue seconde et la parler tout de même avec un accent prononcé.

Nous encourageons les employeurs à tenir compte des situations concrètes dans lesquelles la personne devra travailler et, au besoin, à évaluer sa capacité à accomplir les tâches pertinentes. Un test de langue général fournit relativement peu d'information sur la façon dont une personne s'acquittera de son travail.

Préjugés liés à l'accent

Les préjugés liés à l'accent désignent une tendance à juger une personne favorablement ou défavorablement en fonction de sa prononciation. Par exemple, nous pouvons favoriser certaines personnes dont l'accent nous semble raffiné ou charmant. À l'inverse, nous pouvons avoir des comportements discriminatoires envers des personnes dont l'accent évoque pour nous des traits plus négatifs.

Les préjugés liés à l'accent sont une forme de préjugés linguistiques fondés sur la prononciation d'une personne. Ils peuvent porter sur des sons particuliers, sur certains mots ou sur d'autres caractéristiques, comme la place de l'accent tonique ou la mélodie de la phrase. Comme d'autres formes de préjugés, ils peuvent faire surgir, de façon inconsciente, des stéréotypes, des croyances, des suppositions ou des attitudes à l'égard d'une personne.

Les préjugés liés à l'accent peuvent se manifester dans toute situation où deux personnes interagissent. En se fiant à la prononciation, la personne qui écoute peut faire des suppositions sur l'origine de son interlocuteur, sur la véracité de ses propos ou sur son intelligence. Dans certaines situations, cela peut mener à de la discrimination : les personnes qui parlent une langue seconde peuvent être évaluées injustement, par exemple lorsqu'elles posent leur candidature à un emploi, cherchent un logement ou reçoivent une peine devant un tribunal.

L'accent n'a aucun lien avec les connaissances d'une personne. Dans la plupart des cas (c'est-à-dire lorsque la personne se fait comprendre assez facilement), l'accent n'empêche pas d'accomplir son travail avec compétence. Il est important de faire la distinction entre les compétences requises pour un poste et la prononciation de la personne. On rapporte des cas de personnes qui ont un accent et qui n'ont pas été retenues pour un emploi, ont été moins bien rémunérées ou ont été laissées de côté lors de promotions, simplement en raison de leur accent.

Les préjugés liés à l'accent sont souvent inconscients. Lorsque nous agissons en fonction de ces préjugés, nous avons tendance à adopter des comportements discriminatoires.

Les milieux de travail peuvent mettre en pratique le fait que l'accent ne révèle ni la compétence, ni les connaissances, ni la personnalité d'une personne, en veillant à ce que les employés qui ont un accent puissent accéder à des postes de direction. Les contacts entre groupes sont un outil puissant pour réduire les préjugés; on encourage donc les milieux de travail à offrir à leur personnel des occasions de collaborer avec des collègues compétents qui parlent une langue seconde. Favoriser des liens significatifs peut aider le personnel à voir la personne derrière l'accent.

Privilège linguistique

Les privilèges désignent certains avantages dont les gens bénéficient dans la vie. Ces avantages ne découlent pas de ce que les gens ont accompli, mais plutôt de qui ils sont ou de la façon dont ils ont été élevés. Par exemple, certains privilèges sont liés à l'appartenance raciale, à la religion, à la nationalité ou à la classe sociale d'une personne. Les privilèges s'opposent au mérite, c'est-à-dire à ce que les gens obtiennent généralement grâce à leurs actions ou à leurs choix.

La langue peut aussi être considérée comme un privilège, car on choisit rarement la ou les langues que l'on apprend comme langue maternelle. En soi, cela ne devrait pas poser de problème. Cependant, comme les langues ne sont pas toutes traitées de la même façon dans la société, par exemple sur le plan de leur importance, certaines personnes peuvent être traitées différemment selon les langues avec lesquelles elles ont grandi.

Parler certaines langues peut procurer des avantages. Par exemple, on peut avoir plus facilement accès à l'éducation et aux soins de santé. Parler certaines langues peut aussi aider à trouver un emploi ou à obtenir des possibilités d'avancement professionnel. De même, parler certaines langues peut « protéger » contre les jugements négatifs.

Il est vrai que la plupart des adultes choisissent librement les langues qu'ils apprennent ou qu'ils parlent. Toutefois, bien des gens peuvent se trouver désavantagés dans certains contextes s'ils ne parlent pas la langue qui confère certains privilèges, ou s'ils la parlent comme langue seconde ou additionnelle. Par exemple, les personnes qui parlent une langue seconde peuvent avoir de la difficulté à accomplir des tâches courantes, comme remplir des formulaires gouvernementaux, réussir un examen de conduite ou louer un logement.

Les personnes qui parlent une langue seconde avec un accent sont souvent perçues comme « quelqu'un venu d'ailleurs » en raison de leur façon de parler. Si une langue donnée, comme l'anglais aux États-Unis ou le français au Québec, confère certains privilèges, les personnes qui la parlent avec un accent peuvent se heurter à des obstacles. Par exemple, elles peuvent être perçues comme moins qualifiées en entrevue d'embauche, recevoir un moins bon service à la clientèle ou voir leur crédibilité remise en question devant les tribunaux.

Aide professionnelle et ressources pour les personnes qui s'intéressent à l'enseignement de la prononciation, dans tous les contextes éducatifs.

Une réflexion éclairante sur la langue en tant que privilège.